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Histoire de Trets







Les trèfles représentés sur le blason de Trets signifient l’hepatica triboba appelés aussi « l’herbe du foie ».
Cette plante pousse en abondance au pied de l’ermitage de Saint Jean du Puy.
Elle fleurit à la fin du mois d’avril et a la propriété de guérir les maladies du foie..







Néolithique et protohistoire

Le territoire de Trets est occupé par l'Homme dès le Néolithique.
Plusieurs stations existent sur des monticules naturels dans la plaine de l'Arc. Vers 4000 av. J.-C. (datations selon les dernières découvertes archéologiques à la station de Pierre Longue) se développe le faciès culturel du chasséen de Trets.
Durant la protohistoire, plusieurs sites sont occupés, comme la Baume de Onze Heures dans le Mont Olympe, ou encore l'oppidum de l'Olympe.
Si les populations de l'âge du fer sont très probablement entrées en contact avec les Grecs de Massalia à partir du VIe s. av. J.-C., il n'y a aucune preuve matérielle de la fondation d'une colonie grecque à cette époque à Trets.


Antiquité

En 102 av. J.-C., 20 ans après l'arrivée des Romains dans la région, le général Marius arrête les Cimbres et les Teutons dans la Plaine de l'Arc, entre Aix en Provence et Pourrières.
Dès le Ier s. av. J.-C., la Gaule narbonnaise est romanisée et apparait la civilisation dite gallo-romaine.
Plusieurs villae s'implantent dans la plaine de l'Arc. Ces implantations sont favorisées par la proximité de la via aurelia, qui relie Rome à le Gaule narbonnaise.
L'Antiquité tardive et le haut Moyen Age ne laissent que peu de traces. Quelques villae sont réoccupées entre les IVe et VIe siècles.
Il faut aussi mentionner la légende de la fondation de l'ermitage de Saint-Jean-du-Puy à cette époque par Cassien, en lieu et place d'un ancien temple païen dédié à Diane, déesse de la chasse.


Moyen Age

Urbain VLa ville de Trets apparait dans l'histoire au Xe siècle.
En 950, le roi de Bourgogne-Provence Conrad dit le Pacifique (937-993) donne le fisc de Trets à l'un de ses proches, Arlulf, probablement fils du comte de Vienne. Ce fisc s'étend sur toute la haute Vallée de l'Arc, entre la montagne Sainte Victoire et les Monts Auréliens, Olympe et Regagnas.

Les descendants d'Arlulf de Marseille deviennent vicomtes de Marseille.
Ils possèdent alors un immense domaine comprenant 21 communautés entre Sainte-Victoire et La Ciotat, sans compter Marseille, Toulon et leurs possessions de l'est de la Provence.
Rapidement, les vicomtes donnent de nombreuses terres aux moines bénédictins de l'abbaye Saint-Victor de Marseille, qui devient l'une des principales puissances temporelle et spirituelle de la région.

Deux agglomérations existent alors sur le territoire de Trets.
La première se développe autour du Château d'Arlulfe (ou Château-Arnoux, castrum arnulfo en latin), appelé aussi castrum de Saint-Michel. Cette fortification perchée sur une colline au pied de l'Olympe est le siège du pouvoir des vicomtes à Trets. Une chapelle, dédiée à saint Michel, y est consacrée en 1051.
Plus bas, dans la plaine, et plus proche des terres cultivables et des voies commerciales, se trouve l'agglomération de Trets à proprement parlé, autour de l'église paroissiale Notre-Dame-de-Nazareth, peut-être bâtie à l'emplacement ou non loin d'un établissement antique ou paléochrétien. L'abbaye Saint-Victor de Marseille installe un couvent à l'ouest de cette agglomération vers 1056, année où est consacrée l'église de la Trinité.

A la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, une branche de la famille vicomtale obtient entre autres le fief de Trets.
C'est à cette époque que sont construits les premiers bâtiments du château de Trets, qui sera agrandi plusieurs fois.
C'est la construction militaire la plus importante de la haute Vallée de l'Arc au Moyen Age.
Le château possède encore des machicoulis et des archères, et était couronné d'une plateforme crènelée.

Les habitants de Trets forment rapidement une communauté. Cette institution est connue dès le début du XIIIe siècle, époque où le seigneur Burgondion d'Agoult confirme certains droits et privilèges aux habitants. Les chefs des familles de Trets se réunissent lors de l'assemblée générale de la communauté, pour désigner leurs représentants (syndics puis consuls).
C'est à cette époque qu'est fondée la chapelle Saint-Martin de Vidols par les moines hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, sur la route de Peynier, à l'ouest de la ville.
Un faubourg apparaît très vite autour de cette chapelle, et des conflits naissent entre les moines bénédictins du couvent de la Trinité et les Hospitaliers de Saint-Martin.
Mais à la fin du Moyen Age, le faubourg décline et les Hospitaliers délaissent la chapelle.

Au XIVe siècle, la fréquence des guerres et des conflits pousse les habitants à construire un rempart. Il sera plusieurs fois remanié ou reconstruit.
Sur les huit tours et les quatre portes qu'il comprenait, il ne reste que quatre tours et les portails de Saint-Jean (également appelé d'Amont ou de Notre-Dame de Nazareth) et de Pourrières.
Le portail de Puyloubier et celui de Clastre ont été démolis au XIXe siècle.
Fait exceptionnel, une partie du fossé, large de plusieurs mètres, est encore visible depuis le boulevard Vauban.

En 1363, le pape Urbain V, ancien abbé de Saint-Victor, fonde à Trets un studium (ou collège) pontifical destiné à former des juristes pour les institutions pontificales qui se trouvent alors à Avignon. Le studium accueille très vite une centaine d'étudiants. Mais deux ans plus tard, suite à une épidémie de peste en basse Provence, il est transféré à Manosque.

Trets est alors une des villes les plus importantes de Provence. Une communauté juive conséquente y vit également, dans la carreira judicaia, laquelle était dotée d'une synagogue.
Dans cette carreira judicaia, actuelle rue Paul Bert, une grande maison romane du XII ou du XIII siècle est encore bien visible, avec trois portes à arcs brisés, et une baie de fenêtres géminées au premier étage. Si la tradition populaire fait de ce bâtiment la synagogue, il semble plutôt que ce soit la maison d'un riche notable de Trets.


Les Temps Modernes

A partir du XVIe siècle, Trets connait une période de déclin. Au XIVe, le Château d'Arlulfe est définitivement abandonné tant par les seigneurs que par les habitants. Seule y subsiste une cellule d'ermitage qui continue à desservir la chapelle Saint-Michel. De même, le faubourg de Saint-Martin disparaît également. Il ne reste plus que la ville de Trets à proprement parler.

En 1536, l'empereur Charles Quint envahit la Provence. François 1er, roi de France, n'ayant pas les moyens d'arrêter cette invasion, donne l'ordre de la retraite et demande aux habitants de détruire les récoltes et de vider leurs greniers pour empêcher l'ennemi de se ravitailler. Trets refuse d'obéir à cet ordre. Pour faire exécuter la volonté du roi, le maréchal de Bonneval fait pointer deux pièces d'artillerie sur les remparts. Les soldats pénètrent dans les maisons les unes après les autres, détruisent les récoltes, tuent le bétail, vident les greniers. Lorsque les Autrichiens arrivent, ils mettent le feu à quelques maisons. C'est le sac de Trets, appelé "Bassacagi de Tres".

En 1590, pendant les Guerres de Religion, Trets est de nouveau assiégée. Le seigneur d'Ampus, protestant, campe devant la ville. C'est le seigneur de Carcès, catholique, qui vient délivrer la ville. Les deux armées livrent bataille à Peynier dans la nuit du 29 juillet 1590.

C'est au milieu du 16e que les derniers descendants des vicomtes de Marseille vendent la baronnie de Trets à Christophe de Foresta, médecin du roi. Jusqu'au début du XVIIIe siècle, plusieurs co-seigneurs se partagent les droits seigneuriaux sur Trets. Ces co-seigneurs appartiennent aux familles de Foresta, de Covet ou de Gaufridy.
Au 17e, Trets se relève de ses ruines. Des tanneries et des manufactures de drap se développent et y prospèrent. Christophe Veyrier, sculpteur élève de Pierre Puget, fait ouvrir une carrière de marbre à Saint-Jean-du-Puy. Il est l'auteur du retable en marbre de Carrare de l'église paroissiale Notre-Dame-de-Nazareth.